Écoute, le vent dans les arbres...

Dimanche à la campagne

Dimanche à la campagne

Dimanche à la campagne

Dimanche à la campagne

Dimanche à la campagne Dimanche à la campagne Dimanche à la campagne Dimanche à la campagne

Jarettes et Jarnetons s'avançaient sur la route débonnaire.

Darvises et Potamons folâtraient dans les champs.

Une de parmegarde, une de tarmouise, une vieille paricaridelle ramiellée et foruse se hâtait vers la ville.

Garinettes et Farfalouves devisaient allégrement.

S'éboulissant de groupe en groupe, un beau Ballus de la famille des Bormulacés rencontra Zanicovette. Zanicovette sourit, ensuite Zanicovette, pudique, se détourna.

Hélas! la paricaridelle, d'un coup d'œil, avait tout vu.

«Zanicovette», cria-t-elle. Zanicovette eut peur et s'enfuit.

Le vieux soleil entouré de nuages s'abritait lentement à l'horizon.

L'odeur de la fin du jour d'été se faisait sentir faiblement mais profondément, futur souvenir indéfinissable dans les mémoires.

Les embasses et les ranoulements de la mer s'entendaient au loin, plus graves que tout à l'heure. Les abeilles étaient déjà toutes rentrées. Restaient quelques moustiques en goupil.

Les jeunes gens, les moins sérieux du village, s'acheminèrent à leur tour vers leur maisonnette.

Le village formait sur une éminence une éminence plus découpée. Olopoutre et pailloché, avec ses petits toits égrissés et croquets, il fendait l'azur comme un petit navire excessivement couvert, surponté et brillant, brillant!

La paricaridelle excitée et quelques vieilles coquillardes, sales rides et mauvaises langues, achactées à tout, épiaient les retardataires. L'avenir contenait un sanglot et des larmes. Zanicovette dut les verser.

Henri Michaux - Dimanche à la campagne